Description du colloque

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Égalité des chances ou égalité des réussites dans l’enseignement supérieur ?

COLLOQUE INTERNATIONAL

Montpellier, 5 et 6 mars 2020

Important : la date limite de soumission a été repoussée au 15 décembre 2019 avec réponse fournie avant le 31 janvier 2020

 

Argumentaire

Afin de réaliser une analyse collaborative des problèmes relatifs à « l’égalité des chances » à l’université en France (Dubet, 2012) et dans d’autres systèmes universitaires, il est prévu d’organiser un colloque international pour confronter les approches de l’égalité. Est-il préférable de viser l’égalité des chances, qui concerne la situation de départ ou celle des résultats (Dubet et Duru-Bellat, 2004, p. 114) ou encore des places (Dubet, 2011, p. 32), couramment résumée en termes de réussite car elle s’intéresse à l’issue du curriculum ? En raison de son importance et de son actualité, ce colloque sera ouvert aux spécialistes de la recherche en sciences humaines et sociales (SHS). Il s’agit de comprendre comment différents pays appréhendent la question de la performance de leur enseignement supérieur en ce qui concerne la réduction des inégalités. Il y aura lieu d’analyser les différentes mesures de politique du supérieur prises en vue de diminuer les inégalités ainsi que les dispositifs mis en place dans cette intention.

L’« égalité des chances » s’inscrit dans l’idée, répandue depuis le XVIIIe siècle en Europe, qu’il existe une égalité des droits entre les êtres humains. Cette possibilité est étroitement liée au système éducatif et à son organisation. C’est également devenu un but à atteindre pour les systèmes politiques, économiques et sociaux de la fin du XXe siècle quand ils ont commencé à s’orienter vers une « société de la connaissance » (Bouchet, 2005, p. 21-25). Afin de comprendre les raisons pour lesquelles le concept d’égalité des chances connaît un tel succès dans les injonctions officielles, une approche pluridisciplinaire et comparative sera privilégiée. Limité à cent cinquante participants sur deux jours, le colloque devrait permettre un état des lieux sur la question de la réduction des inégalités dans l’enseignement supérieur au niveau européen et mondial.

Ce concept d’égalité des chances est-il répandu dans de nombreux États ? Quelle place occupe-t-il dans la définition des finalités des systèmes éducatifs ? La performance de ces systèmes dépend-elle de l’atteinte de cet objectif ? Sa mise en forme et en pratique relève-t-elle uniquement de stratégies politiques, économiques et sociales ou les modes organisationnels et la pédagogie de l’enseignement supérieur y occupent-ils une part importante ? Comment cet objectif influence-t-il les stratégies, les dynamiques de gouvernance des systèmes éducatifs et l’action des différents acteurs concernés, notamment les enseignants-chercheurs (EC) ? Observe-t-on des mutations qui portent sur les mécanismes organisationnels et qui entraînent des effets dans les pratiques pédagogiques ?

La pédagogie universitaire n’a pas été forcément le premier souci des universités sur la longue période qui s’étend du Moyen-âge au début du XIXe siècle qui marque une rupture avec le modèle monastique. La conception introduite par Humboldt donne la priorité à la recherche et crée la double compétence de l’enseignant-chercheur dont le recrutement et la carrière ne peuvent s’effectuer, en France, que par décisions de pairs plus familiers avec les questions de recherche qu’avec celles d’enseignement. Ce fonctionnement endogamique résiste assez mal à la poussée émancipatrice de la fin des années 1960 lorsqu’à la fin du XXe siècle étudiantes et étudiants entrent en grand nombre dans l’enseignement supérieur. On peut alors parler d’une « université de masse » (Boyer et Coridian, 2001 ; Felouzis, 2003,). Mais s’il y a beaucoup d’appelés, il y a beaucoup moins d’élus (Beaud, 2003). De nombreuses tentatives sont faites pour permettre la réussite dans les premières années qui se révèlent cruciales (Conférence de consensus « Réussite et échec dans l'enseignement supérieur: quels éclairages de la recherche ? », Paris, Ministère de l'enseignement supérieur, IFÉ : 15 et 16 décembre 2015). Des études ont été menées, notamment en France sur le plan « réussite en licence » (Annoot et Étienne, 2012), mais il est difficile d’obtenir des résultats globaux, même si quelques données locales peuvent montrer des résultats spectaculaires qui ne s’observent pas au niveau du pays. La création de Services Universitaires de Pédagogie (SUP), actuellement 33 en France réunis dans un réseau (www.reseausup.fr consulté le 10 novembre 2018) connaît un développement certain mais de rares évaluations sur leur portée auprès des enseignants-chercheurs et sur leurs effets sur les pratiques ont été produites (Cosnefroy, 2015 ; Demougeot-Lebel et Perret, 2011 ; Bailly, Demougeot-Lebel et Lison, 2015).

Cette question de l’égalité semble actuellement plus traitée sur un plan pédagogique que sur un plan structurel et de parcours dans le supérieur malgré des ouvrages comme celui de Beaud (2003) qui ont établi les raisons de l’échec massif des « nouveaux étudiants ». L’idée de permettre au plus grand nombre l’accessibilité des savoirs accompagne la promotion de dispositifs de formation intégrant le numérique avec une ouverture internationale mais les dispositifs de e-learning ou « apprentissage en ligne », les MOOCs ou « cours en ligne gratuits et massifs » se succèdent sans que des évaluations établissent encore leur effet dans la lutte contre les inégalités.Impliqués ou non dans les dispositifs d’aide à la réussite, certains enseignants-chercheurs ont pris des initiatives pour s’adapter à leurs publics. Les pratiques pédagogiques et l’activité des enseignants du supérieur restent néanmoins méconnues malgré quelques travaux récents sur le sujet (Annoot et Fave-Bonnet, 2004 ; Duguet et Morlaix, 2013 ; Viaud, 2015 ; Étienne, Annoot et Biaudet, 2018). Développer ces recherches constitue un enjeu, en particulier en se concentrant sur les néo-professionnels. Si une meilleure connaissance du métier d’enseignant-chercheur semble être essentielle pour contribuer à la formation et à l’émancipation sociale et intellectuelle des étudiants (Annoot, 2014), la conduite d’une réflexion sur la définition d’un enseignement universitaire vraiment démocratique n’est pas moins importante.

Les axes du colloque

L’appel à participation nécessite de s’inscrire dans un des quatre axes choisis : pédagogique, politique, économique et social, socioculturel.

  1. Quelles ressources pédagogiques développer pour établir une égalité « des chances » qui entraîne idéalement une « égalité des places » selon les propositions de Dubet (2011) ou, selon cette même analyse, une égalité pensée « en termes de discriminations et de traitement inéquitable des minorités privées de leurs chances de réussir » ?
  2. Le discours et l’action politiques relatifs à l’égalité des chances évoluent en fonction des enjeux de société. En effet, une pluralité d’acteurs politiques revendique des intérêts très hétérogènes (promouvant ou freinant un accroissement de l’égalité des chances, voire dénonçant cet objectif). Pour anticiper les crises sociétales, les États s’efforcent sans cesse de légiférer. Ici, il s’agira d’étudier les différents corpus législatifs (européens et mondiaux) qui définissent et précisent la politique dite d’égalité des chances ou de réduction des inégalités dans la mesure où c’est un objectif visé de manière explicite. Est-il possible et opportun de replacer dans leur contexte les trajectoires des systèmes politiques qui introduisent, mobilisent et valorisent le concept d’égalité des chances ou des concepts similaires ? Quelles analyses des effets rétroactifs de ces politiques d’égalité des chances peuvent être faites sur l’architecture sociétale dans les pays qui se sont engagés dans cette voie ? Comment appréhender et évaluer les mécanismes organisationnels qui se sont mis en place progressivement avec leurs réussites et leurs échecs ?
  3. L’objectif socio-économique recherché par l’introduction du concept d’égalité des chances dans le système éducatif est de créer un espace de sélection des personnes les plus aptes à occuper les postes les plus qualifiés dans leurs domaines respectifs en fonction de leurs domaines d’excellence et ce indépendamment de leurs origines sociales ou économiques. C’est ce que l’on a pu dénommer « méritocratie » (Young, 1958 ; Saint Martin, 2005 ; Daverne-Bailly, 2012) et le rôle de l’enseignement supérieur serait d’en assurer le bon fonctionnement en choisissant les meilleurs dans un monde idéal où toutes et tous pourraient concourir. Dans cette perspective, la compétitivité de chaque système productif national est étroitement liée à celle du système éducatif. Pour analyser les interactions entre les deux systèmes du supérieur et de l’économique, il est alors nécessaire de s’intéresser au couple « université-économie ». Comment identifier les acteurs qui favorisent la création de « passerelles » entre l’université et le monde économique ? Ces passerelles émergent-elles à partir des spécificités institutionnelles des milieux socio-économiques ou des initiatives de l’enseignement supérieur ou encore de leur coopération ? Comment les acteurs locaux intègrent-ils des mesures relatives à l’égalité des chances dans leurs stratégies collectives ?
  4. La présence d’étudiantes et d’étudiants issus de contextes socioculturels différents soulève des problèmes quant à la capacité des systèmes d’enseignement supérieur à assurer une égalité de chances qui soit effective malgré les différences culturelles. Si l’on prend l’exemple, dans l’espace européen, des élèves immigrés de première ou de deuxième génération, ils sont touchés par des scolarités particulièrement chaotiques : ils sont deux fois plus concernés par les sorties précoces (OCDE, 2015). Mais il ne s’agit pas que d’eux et cet axe s’intéressera aux étudiantes et étudiants qui sont davantage orientés dans des filières courtes à vocation professionnelle. Pourquoi ne peuvent-ils envisager des scolarités longues et sont-ils relégués loin de l’enseignement supérieur ou condamnés, quand ils y parviennent, à un échec ou à un abandon prématurés, à l’instar des détenteurs de baccalauréat professionnel en France ? Comment prendre en compte et pallier les discriminations subies par ces jeunes ? Est-il possible d’envisager sinon un inventaire du moins une liste et une combinatoire des inégalités de genre, de minorité visible ou langagière, de revenus financiers, de logement, d’éloignement des lieux d’enseignement ou de situation de handicap ? Quelles initiatives et innovations ont permis des réussites dans ce domaine ?

Déroulement du colloque

J1 Matin : Ouverture du colloque et interventions des institutions comme des partenaires
Conférence d’ouverture : François Dubet (sous réserves) : réduire les inégalités entre les positions sociales ou favoriser l’égalité des chances offertes à tous d’accéder à toutes les positions sociales ?
Repas 
J1 Après-midi : Ateliers de communications et symposiums 1     
Pause 
Ateliers de communications et symposiums 2        
(Facultatif sur inscription) Visite de Montpellier et repas de gala (non compris dans l’inscription)

J2 Matin : Table ronde animée par Richard Étienne : l’égalité dans l’enseignement supérieur entre utopie et solutions concrètes          
Pause 
Ateliers de communications et symposiums 3        
Repas 
J2 Après-midi: Ateliers de communications et symposiums 4      
Conférence de clôture par Emmanuelle Annoot, grand témoin : de la recherche d’égalité à sa mise en place effective, les défis de l’enseignement supérieur aux niveaux politiques, pédagogiques, culturels et socio-économiques.

Appel à communications

Les propositions de communications et de symposiums (courts de 3 interventions ou longs de 6) seront ouvertes du 1er septembre au 31 octobre 2019 sur le site https://egalisup.sciencesconf.org et elles devront s’inscrire dans un des 4 axes du colloque. Les réponses seront communiquées avant le 20 novembre 2019 afin de permettre une inscription avec des frais d’inscription réduits.

Frais d’inscription

Étudiantes et étudiants : 30 euros jusqu’au 30 novembre 2019 puis 50 euros    
Autres participants : 80 euros jusqu’au 30 novembre 2019 puis 120 euros         
Une réduction de 10 euros est accordée à toute personne présentant une attestation de son appartenance à un des partenaires du colloque.

ATTENTION : le nombre des inscriptions est limité à 150.

Site du colloque : https://egalisup.sciencesconf.org

Contact : egalisup@sciencesconf.org

Appel à communications

Égalité des chances ou égalité des réussites dans l’enseignement supérieur ?

Montpellier les

jeudi 5 et vendredi 6 mars 2020

Appel à communications et à symposiums
Présentation du colloque sur le site : https://egalisup.sciencesconf.org
Type de contributions - Deux formes de contributions peuvent être soumises :
Des communications individuelles

Les communications individuelles, regroupées a posteriori en ateliers par le comité d´organisation, peuvent être présentées par une ou plusieurs personnes. Quinze minutes sont consacrées à chaque présentation. Chaque personne peut présenter, au maximum, deux communications. Les ateliers seront animés par une personne chargée de la régulation.

Des symposiums

Les symposiums sont courts (90 minutes – 3 communications) ou longs (180 minutes – 5 ou 6 communications). Les contributions d’un symposium sont articulées autour d’une problématique commune et d’un texte de cadrage rédigé par l’organisateur(trice) du symposium qui fait office de modérateur(trice) mais qui peut être l’un(e) des intervenant(e)s. Il lui incombe également de décider s’il y a lieu d’organiser un débat final avec un(e) discutant(e). Chaque symposium réunit des auteurs provenant d’au moins 3 institutions différentes et de 2 pays différents.

Requis de soumission

Chaque contribution ou symposium doit appartenir à l’un des quatre axes présentés dans l’argumentaire :

1. Les ressources pédagogiques à développer pour établir une égalité « des chances » qui entraîne idéalement une « égalité des places », selon les propositions de Dubet (2011), ou une égalité pensée « en termes de discriminations et de traitement inéquitable des minorités privées de leurs chances de réussir » ?

2. Le discours et l’action politiques relatifs à l’égalité des chances et leur évolution en fonction des enjeux de société.

3. L’objectif socio-économique recherché par l’introduction du concept d’égalité des chances dans le système éducatif au niveau de l’enseignement supérieur.

4. La question de la présence d’étudiantes et d’étudiants issus de contextes socioculturels différents et de leur « réussite ».


Dates de soumission

La date limite de soumission, a été repoussée au 15 décembre 2019, avec réponse au 31 janvier 2020 (limitation à 150 participants). Les personnes ayant soumis jusqu'au 31 octobre 2019 recevront une réponse avant le 20 novembre 2019.

Dépôt des communications et symposiums

Les communications individuelles comprendront un titre, un résumé de 300 mots maximum et 5 mots-clés. Elles seront déposées sur le site du colloque en choisissant un des 4 axes : https://egalisup.sciencesconf.org.

Les responsables des symposiums devront en outre soumettre un texte de présentation de 600 mots maximum qui mettra en évidence la cohérence de la problématique et la logique d’articulation entre les différentes communications formant un symposium. Pour les symposiums, c’est la personne responsable de la coordination qui se charge de collecter les différentes propositions des différentes interventions (avec le nom des auteurs) ainsi que le texte de cadrage et les éventuels discutants puis de les déposer sur le site en choisissant un des 4 axes : https://egalisup.sciencesconf.org. Ces documents seront rendus anonymes par l’organisateur du colloque pour autoriser l’expertise. Les auteurs qui communiquent dans le cadre d’un symposium ne doivent pas soumettre leur communication directement.

 


Critères d´évaluation

Les propositions individuelles et les symposiums seront évalués anonymement par deux membres du comité scientifique en fonction des critères suivants :

  • pertinence (lien avec la thématique et l’axe choisi du colloque) ;
  • cadre conceptuel et problématisation (cadre théorique, questions, objectifs, références-clés) ;
  • démarches (recueil, corpus, instruments, analyses) ;
  • apports (résultats, constats, perspectives).
Personnes connectées : 1